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couverture polar 4

Et voilà la couverture !

Un extrait du début du polar.
Dimanche 29 octobre, trois heures du matin.

Putain de journée ! J’ai failli me faire trouer la peau. Quel salaud m’en veut ? Impossible de le savoir, j’ai pourtant passé une partie de la nuit à me triturer les méninges, pour rien. Je n’ai eu qu’une vie de merde. Qui n’intéresse personne, elle a été nulle jusqu’à maintenant : je n’ai connu que des colères, des révoltes, et pour quel résultat ?
Hier après-midi on a essayé de me tuer, de me tuer !!! Je ne devrais plus être là.
Un malade est passé à l’action ; il a cherché à me dézinguer en haut du Gaudy ! Un des mes refuges préférés, un des seuls endroits où je suis bien, dans la nature, loin de cette société pourrie qui n’est pas faite pour moi. Elle ne veut pas de moi non plus, je la dérange, je ne suis pas dans les clous. J’aime le Gaudy, l’homme l’a abandonné, j’en suis ravi. Qu'on les laisse en paix les squelettes des sarcophages une fois pour toute ! Qu’on laisse pousser les arbres, les taillis et les ronces.

J’étais heureux à regarder la vallée de la Creuse tout en bas, sans personne pour me casser les pieds. J’ai senti soudain la chaleur d’une balle au ras de mon oreille et presque aussitôt, j’en ai entendu une autre exploser dans le tronc d’un chêne à côté de moi, pas du petit plomb. Heureusement après le premier tir, j’ai failli me casser la figure de surprise. J’ai échappé par chance au pire. Je me rappelle vaguement des détonations, celles d’un fusil. Je me suis sauvé à toute allure sur un terrain que je connais bien. Je sais, ce n’est pas courageux, mais je n’ai pas eu le temps de réfléchir.

Je n’y comprends toujours rien ! Dommage que le tireur soit si maladroit ! J’aurai dû rester sur place pour qu’on en finisse, définitivement. Je ne serais pas là, à me lamenter sur mon sort.
Mourir par surprise ça m’irait bien. Mais je ne pouvais pas me laisser tirer dessus, ce ne serait pas moi. Je ne suis pas comme les poilus qui partaient au front la trouille au ventre, pour se faire massacrer. Je n’aurais jamais pu. On m’aurait fusillé à l’arrière, comme tant d’autres. Maudites guerres !
Je dois comprendre ce qui m’arrive. Je n’ai pourtant pas d’ennemis contre qui me battre, ça m’énerve. Celui qui a cherché à me tuer est un sournois, il sera difficile à débusquer.
Et les amis, je n’en ai pas beaucoup ! Je suis un loup solitaire, pas du genre à m’épancher.

Je n’ai pas le choix, il faut que je décampe de ce trou pourri, je ne suis plus en sécurité. D’ailleurs qu’est-ce qui me retient dans cette ville ? Elle m’a si peu donné, je ne lui dois rien. Je ressemble à Marcel Jouhandeau ; je suis son frère, bien des années plus tard. Je m’y retrouve dans son Chaminadour. Je ne donnerai pas un nouveau nom à ma ville, elle restera Guéret. Comme lui, j’aime cette ville et je la déteste ou plutôt ce sont ses habitants qui m’énervent souvent.
Je n’ai que mon journal pour me consoler. Il restera oublié au fond d’un tiroir et disparaîtra avec moi. Il a si peu d’intérêt ! Mais je ne voudrais pas qu'il tombe entre de mauvaises mains, on ne comprendrait pas.  Je vais le planquer en lieu sûr.

Je dois fuir d’accord, mais pour aller où ?

 

            « On a beau changer d'état, on ne change pas d'âme, on a beau changer de monde, on ne change pas le monde »1

~ 1 ~  Le Gaudy

Le Gaudy était un lieu familier, presque intime, pour Geoffrey Mareuil qui ne voulait pas entendre parler du Puy de Gaudy, cela sentait le dépliant touristique à plein nez. C’était le Gaudy, une fois pour toutes ! Le Gaudy était un havre de paix pour lui, pas vraiment un symbole de joie², cependant il y trouvait une certaine sérénité, il y goûtait des moments de calme dans l'existence torturée qui était la sienne. Il s’y sentait plus à l’aise que dans sa turne guérétoise, les murs n’étaient pas faits pour lui ; il avait besoin d'horizons sans obstacle, son regard devait porter loin.

Il venait d’entreprendre, une nouvelle fois en ce samedi après-midi, l'ascension de cette colline chargée d'histoire qui dominait Guéret. Il avait abandonné, quelques instants plus tôt, son fourgon brinquebalant au Theil, à deux pas du château de Lavaud.
Ce véhicule poussif était bien à son image. A trente ans passés, Geoffrey Mareuil offrait un visage cabossé, le plus souvent fripé, aux rides marquées. Une barbe de quelques jours, des yeux gris acier et une boucle d’oreille unique y ajoutaient une note inquiétante. Il aurait été très crédible s’il avait dû interpréter un privé dans un film tiré d’un polar de James Hadley Chase ou de Dashiell Hammett. Ses longs cheveux déjà grisonnants, tirés en arrière dans une queue de cheval approximative, le rendaient encore plus pathétique. Heureusement cette première impression était atténuée par le chapeau australien au cuir crasseux qu’il gardait du premier janvier au trente-et-un décembre ; ses larges bords apportaient un peu de douceur à son expression. Par-dessus un T-shirt noir à la gloire de l'Anarchie, il avait mis son habituel perfecto ; le temps frisquet de cette fin octobre annonçait selon les vieux creusois qu'il côtoyait au marché, un hiver précoce. Pour eux, quoiqu'il arrive, le pire était inéluctable, il est vrai qu’à leur âge ils n’avaient rien de réjouissant à attendre de l’existence.

 Les santiags qu'il enfilait été comme hiver, n'étaient pas des plus adaptées pour entreprendre cette grimpée. Qu'importe ! Jamais il ne mettrait de chaussures de sport à ses pieds. Il avait en horreur les joggeurs, les vététistes et autres marcheurs qui troublaient régulièrement sa quiétude. Ils étaient incapables de comprendre ces paysages sublimes qu’ils côtoyaient, trop préoccupés par la seule performance, les yeux constamment rivés sur leurs montres GPS et leurs cardios. Ce culte obsessionnel du corps l'horripilait ; lui tout au contraire n'en avait rien à faire de sa carcasse, elle devait le suivre où qu’il aille et quoi qu’il lui fasse subir. Il brûlait sa vie par tous les bouts. Son médecin, consulté à intervalles très irréguliers, lui prédisait les pires catastrophes s'il continuait dans cette voie.

En longeant une bâtisse pour partie en ruine, Geoffrey Mareuil se demanda un instant si Jean-Marie Chevrier(3) n'y avait pas situé l'action d'un de ses derniers ouvrages . Allait-il, au détour du chemin, croiser Mathieu et sa vache Io ? Il sourit en se rendant compte qu'il venait de balayer inconsciemment du regard le pré voisin, à la recherche du ruminant et de son maître. Il n’aurait pas été surpris de les apercevoir ; chez lui la fiction rejoignait fréquemment la réalité, la frontière entre les deux était très perméable. D'ailleurs sa vie n'était-elle pas un rêve éveillé, une vaste fumisterie ?

Il alluma une nouvelle cigarette, déclenchant une toux rauque qui le plia un court instant en deux. Il s'efforça sans grand succès de contrôler son souffle en ralentissant légèrement son pas ; il avait tout son temps ! Les hêtres et les châtaigniers s'étaient dépouillés de leurs feuilles alors que les chênes faisaient de la résistance pour quelque temps encore. Il appréciait au plus haut point cette forêt de feuillus qui, depuis des générations, inséraient avec pugnacité, leurs racines dans les failles du granit ; ils étaient bien à l’image des anciens du pays, opiniâtres, entêtés.
La mode des résineux qui avaient, depuis des dizaines d'années, envahi une partie de la forêt de Chabrières, le mettait en rage. On se justifiait en évoquant la nécessaire exploitation forestière, comme si l’exploitation des hommes ne suffisait pas ; cette dernière était d’ailleurs de moins en moins à l'ordre du jour. Pour faire plus vrai, on y avait même invité des loups. Quelle hérésie de les garder prisonniers pour le plaisir éphémère d’enfants capricieux !
Quand un Martin Nadeau écolo allait-il se lever et brandir l'étendard de la révolte ? Il se serait bien vu dans ce rôle mais il était trop solitaire pour devenir chef de meute.
On se moquait gentiment de lui quand il essayait de rallier des adeptes à sa cause ; pour tous il était un hurluberlu assez sympathique dont les propos ne méritaient pas qu'on s'y intéressât plus que nécessaire. Pas pour tous apparemment !
Geoffrey Mareuil ne trouvait aucune circonstance atténuante aux sapins et aux douglas soi-disant plus nobles que les précédents. Quand il les condamnait, c’était sans nuance et à la peine maximale. Il les jugeait d'une tristesse infinie, d'un vert imbuvable d'un bout à l'autre de l'année, dépourvus de la moindre originalité, de la moindre grâce, exterminant sans état d'âme toutes les plantes qui avaient l’outrecuidance de pousser à leur pied. Dans ses moments de déprime, ce qui lui arrivait de plus en plus souvent ces derniers temps, il prétendait avec une mauvaise foi assumée qu'ils étaient trop égoïstes pour prêter l'une de leurs branches à la corde d'un pendu ; elle n'aurait pas résisté.

Il reprit sa respiration en atteignant une esplanade bitumée à mi-pente. Il grogna de nouveau. Quelle idée d'avoir construit une route depuis les Bains-d'en-Bas jusqu'ici ! Pour un peu on aurait prolongé cette voie jusqu'au sommet. Le Gaudy se méritait, il ne pouvait être offert au tout venant, il exigeait un minimum de sacrifices pour l'atteindre.
Il se calma en attaquant le dernier raidillon bordé de magnifiques hêtres aux branches tendues vers le ciel dans une imploration silencieuse aux divinités locales. Sur la droite il admira une fois encore les restes des remparts en pierres vitrifiées oubliés dans les broussailles. Peu de promeneurs s’intéressaient à leur existence et encore moins se passionnaient pour les mystères de leur réalisation.

A bout de souffle, Geoffrey Mareuil parvint enfin tout en haut du Gaudy, face à une table d'orientation en piteux état. Elle avait été victime de vandales analphabètes. Qu'importe, elle ne lui était d'aucune utilité. Bizarrement, la seconde table sur sa gauche avait été préservée.
Sous ses pieds, à perte de vue s'étendait un paysage grandiose dont il ne parvenait pas à se lasser, si ce n’est la pinède située sur la droite qu’il finissait par oublier. Il était capable de nommer chaque colline, chaque étang, chaque hameau, chaque château, qu’ils soient de Sainte-Feyre, de la Saunière ou de Saint-Laurent. Ces vallonnements infinis le mettaient en joie, il y trouvait une sorte de perfection, de douceur, d’accomplissement que seule la nature pouvait nous offrir.

Il n'eut pas le temps de s'enfermer plus longtemps dans sa bulle, comme il avait coutume de le faire. Une balle siffla à son oreille, suivie d'une forte détonation qui fit s'envoler deux ou trois moineaux apeurés. De surprise il faillit perdre l'équilibre, ce qui le sauva. La seconde balle au lieu de l'atteindre, se ficha violemment dans le tronc d'un chêne rabougri, dans un flop sinistre. Un plomb pour la chasse au sanglier à n'en pas douter. Il aurait réduit sa tête en bouillie. L'instinct de survie le fit plonger, sans se retourner, dans un chemin escarpé, à peine visible du sommet. Il perçut le bruit d'un fusil qu'on recharge ; trop tard, il était hors de portée, protégé par les taillis et les touffes de buis et de genêt. Il s'aperçut alors qu'il avait perdu son chapeau dans sa précipitation. Il n'était pas question de rebrousser chemin pour le récupérer. Il en jura de rage. Il se sentait nu sans son couvre-chef, il avait l’impression d’être un cow-boy scalpé par un indien.
Sa fuite ne faisait que commencer. Très vite ses poumons furent au bord de l'implosion. Un court instant il se promit d'arrêter de fumer avant d'abandonner cette idée saugrenue.

Slalomant entre les arbres, sa descente fut laborieuse d’autant qu’il surveillait constamment ses arrières, évitant de s’exposer sur le chemin. Finalement il retrouva, plus vite qu’il ne l’avait pensé, son véhicule. Il avait l’avantage du terrain. Son assaillant semblait avoir abandonné provisoirement la partie. Son instinct lui suggérait que ce n’était qu’une trêve, il ne devait pas baisser sa garde.

Une fois assis dans son véhicule, il essaya tant bien que mal de récupérer son souffle. Il réalisa alors qu’un individu bien au fait de ses habitudes avait cherché à le supprimer. Il se mit à trembler de tous ses membres, le froid n'en était pas responsable. Il eut toutes les peines du monde à allumer sa cigarette. Pour quelles raisons avait-on voulu l’anéantir lui qui n'avait jamais cherché à faire de mal à personne, lui le défenseur des causes perdues ? Il ne pouvait pas rester les bras ballants à attendre la prochaine offensive.

Il regagna péniblement, dans un état second, son petit appartement, proche du Saint-François, au-dessus d’une agence immobilière dont les fenêtres donnaient sur la place Bonnyaud, vide comme bien souvent en fin d’après-midi. Dans l’étroit escalier grinçant qui y menait, il jeta de fréquents regards en arrière, bien inutilement.
Allait-il devenir parano ? Le joint qu’il se roula sans attendre, l’apaisa momentanément. Il s’allongea sur son lit, tirant de larges bouffées, abandonnant son esprit à ses divagations. Combien de temps resta-t-il ainsi ? Il fut incapable de le dire. Son rêve éveillé l’entraîna de la place Bonnyaud, au Gaudy, puis au Theil, et enfin dans la forêt de Chabrières dans un désordre étrange. Il essayait d’échapper à des agresseurs surgissant des sarcophages du sommet. Sa tête bourdonnait  d’assauts multiples ; il ne réagissait pas, ce qui n’était pas dans ses habitudes.

Vers une heure du matin, Geoffrey Mareuil put enfin se lever, il se passa un peu d’eau sur le visage et grignota une part de pizza desséchée, abandonnée depuis quelques jours dans son frigo. Il se mit à arpenter le couloir de son appartement de long en large comme un somnambule. C’était un rite chez lui quand il avait des décisions importantes à prendre. Pas sûr que cela l’aide à y voir plus clair.

Une idée fixe l’obsédait : l'air devenait irrespirable pour lui à Guéret, il devait s’éloigner au plus vite. Il ne pouvait pas parler de son assaillant et celui-ci le savait. Lui, Geoffrey Mareuil, n’irait jamais raconter aux poulets ce qui lui était arrivé. Il se tenait autant que possible à distance de ces volatiles. Il imaginait sans peine les réponses de ces derniers et surtout leurs moqueries à peine voilées.
Il était né à Guéret, il y avait vécu une grande partie de sa triste vie, mais il se rendit compte douloureusement qu’il n’avait que peu d'attaches en cette ville, que son travail sur les marchés de la Creuse et de quelques départements voisins lui permettait à peine de survivre et qu’il ne lui procurait plus aucun plaisir. Et le comble, sa dernière histoire d'amour venait de se terminer comme trop souvent dans la fureur et les éclats ; il ne survivait que dans l’éphémère.

Alors pourquoi rester ? Il devait partir même s’il n’avait nulle part où aller.

Il sortit un cahier quadrillé de sa cachette et commença à écrire laborieusement ; puis peu à peu son cerveau entra en action. C’était l’un de ses rares moments de bonheur véritable. Il avait de la peine à tenir son stylo dans sa main, tellement il tremblait. Ses idées, elles, étaient devenues très claires : fuir, fuir…
1- Toutes les citations en tête de chapitre sont extraites de Chaminadour de Marcel Jouhandeau
2- Pour ceux qui auraient perdu leur latin, gaudium : la joie
3- Une lointaine Arcadie.

Consulter les extraits de presse


Consulter les commentaires.

Un résumé trouvé sur le Net : Geoffrey Mareuil, marchand ambulant tourmenté au visage cabossé est retrouvé mort dans un petit immeuble de Poitiers. Le commandant Venturini prend en charge l'enquête. Très vite il est confronté à un second meurtre dans le milieu forain. L'investigation se complique et le commandant doit s'immiscer dans la vie des familles et dans les clans. Cette intrigue au coeur des marchés poitevins l'entraînera jusque dans la Creuse. Des Couronneries de Poitiers, à la Place Bonnyaud de Guéret, en passant par le Puy de Gaudy où la victime allait se ressourcer, la police dénoue les mailles de l'univers forain.

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Dans la presse :

Dans lire en Vendée de décembre 2014, sous la plume de Jean de Raignac, président de la société des écrivains de Vendée.
Lire en Vendée

Dans Ouest-France de mai 2014, à propos du salon du livre de Mouchamps.
Ouste-France de mai 2014

Dans la NR du 11 mars 2014.
la NR

Dans la NR du 26 décembre 2013
la NR

Dans Lire en Vienne de décembre 2013. Il s'agit de la revue du Conseil Général diffusée à 213500 exemplaires.
Lire en Vienne

Dans la NR du 20 décembre.
NR 20 décembre

Dans la Nouvelle République du 5 décembre
la NR
Dans Centre-Presse du 6 décembre.
Centre Presse

Dans la Nouvelle République un article concernant la librairie Bravard de Chauvigny où j'ai toujours grand plaisir à dédicacer.
La NR

Un autre dans le Populaire voisin.

Le Populaire du Centre Centre France
Jean-Luc Loiret situe l’intrigue de ses polars entre Limousin et Poitou Charentes. - Michèle delpy
Jean-Luc Loiret situe l’intrigue de ses polars entre Limousin et Poitou Charentes. Michèle delpy
L’auteur Jean-Luc Loiret, sort son quatrième polar. Une nouvelle enquête menée au travers des départements de la Creuse et de la Vienne. Et c’est loin d’être la dernière.
Polars sur fond de paysage creusois
Pour son quatrième polar, Jean-Luc Loiret poursuit les aventures de son personnage principal, le commandant Venturini, « un flic philosophe disciple de Comte-Sponville ». L'histoire se déroule entre Guéret et Poitiers. Cette fois-ci, le commandant est chargé de l'enquête autour du destin tragique de Geoffrey Mareuil qui a quitté la Creuse pour se réfugier à Poitiers. Dans cet ouvrage, il reprend des citations de Marcel Jouhandeau.
Des chroniques, un livre pour enfants, une pièce de théâtre
Mais Jean-Luc Loiret ne compte pas s'en arrêter là. « J'ai toujours dit qu'à la retraite j'écrirais un polar et une fois lancé je ne me suis pas arrêté », raconte-t-il. Pour son coup d'essai, il a commencé par des chroniques décalées : Petits vagabondages au long des mots et des sens. Le recueil a eu son public. L'auteur s'est alors lancé dans un premier polar, qui a reçu le premier prix de La Plume et de la Lettre en Charente en 2009. Mais l'auteur a aussi écrit un livre pour enfants et un recueil de nouvelles policières déjantées. « J'ai également réalisé une pièce. Une comédie policière en deux actes que je propose à toute troupe intéressée. »
Son dernier polar, intitulé Le marché aux tueurs devrait paraître en septembre. Le suivant est déjà en route. « Je prends mon temps pour l'écrire, il ne doit pas y avoir d'à peu près, je ne veux pas décevoir. » L'histoire se déroulera toujours dans l'Ouest de la France. « Ma femme est creusoise, je viens y passer mes vacances et j'écris ici », explique-t-il. Passionné de sport, il a participé à de nombreux marathons et s'est entraîné dans les forêts du Maupuy, de Chabriètes ou le puy du Gaudy. « Ce sont des paysages que j'adore et que j'intègre dans mes romans, en particulier dans le dernier. »
Un public grandissant
Une écriture qui semble avoir trouvée son public. « Que ce soit par mail ou physiquement les gens me félicitent », sourit Jean-Luc Loiret. Certains vont même jusqu'à le conseiller quand d'autres le pressent pour qu'il écrive un roman de plus. « J'ai aussi rencontré Comte-Sponville et lui ai offert un de mes livres. Il m'a dit apprécier le rôle qu'il joue dans mes écrits », raconte-t-il.
Un succès qui le ravit. D'autant que retraité, il a tout son temps pour se consacrer à l'écriture. Jean-Luc a été professeur d'enseignement spécialisé en mathématiques et informatique. Il est actuellement adjoint en charge des sports, des loisirs et de la vie des quartiers à Poitiers.
Le marché aux tueurs. Septembre 2013. Le geste noir éditions.
Site Internet : www. L45.fr.
Julie Palmero
gueret@centrefrance.com

 

Le premier article dans la Montagne.

Dans la Montagne du 30 août 2013 j'ai eu un très bel article annonçant la sortie du "Marché aux tueurs". Je suis monté en grade puisque je suis devenu adjoint à Poitiers, Aurélien rassure-toi, je n'ai pas l'intention de te piquer ta place !

La Montagne
La Montagne

Dans la Nouvelle République du 22 octobre 2013. Mais non, je ne suis pas fatigué et je n'ai pas été amputé d'une partie de mon cerveau !
la nr

Centre Presse

Les commentaires.

Voici la fiche élaborée par le comité de lecture de la médiathèque de Céret (66) où je suis intervenu le 18 mars 2016. J'étais en bonne compagnie avec Virginie Despentes, James Ellroy et Fred Vargas. Je vous le livre in extenso :
Le Marché aux tueurs fait plutôt l'unanimité des lecteurs qui le considère comme une « bonne lecture de l'été », et ont bien apprécié ce récit qui est « agréable à suivre ».
Des forains, qui font des marchés, se font tuer. Et le commandant Mario Venturini, enquêteur vedette des autres polars de notre auteur, va être conduit pour la première fois à sortir de ses
bureaux de Poitiers pour se rendre en Creuse à la recherche d'indices et de suspects. L'intrigue est bonne car l'histoire est quelque peu déroutante. En effet les deux morts ne
semblent pas avoir de points communs, on ne devine aucun rapport entre eux, ce qui entretient ainsi le suspense. L'enquête suit une logique claire, sans détails inutiles. Seules réserves, le second crime
apparaît moins convaincant que le premier, et on avance lentement dans le roman avec quelques répétitions et quelques clichés pour des situations et des personnages moins originaux, trop
conformes à ce qu'on attend. Mais la majorité des personnages attirent notre sympathie. Ainsi en est-il du commandant Venturini, qui a des doutes, n'est pas très sûr de lui, et qui privilégie la réflexion et l'intuition à la conduite des modèles américains toujours plongés dans l'action. La preuve en est : les nombreuses citations du philosophe André Comte-Sponville, sa référence, témoignage pour lui (et pour l'auteur peut-on supposer) de l'importance de la littérature et de la philosophie dans la vie. On entre aussi en empathie avec les autres personnages, toujours un peu en marge, des gens
simples, proches de nous finalement, que l'on peut comprendre, sauf peut-être l'Africain et son groupe des Mourides qui fait entrer l'exotisme dans la France profonde. Ainsi les portraits des
paysans creusois sont-ils plutôt réalistes et crédibles. Notre société est présentée de façon réaliste et bien intégrée dans le polar. Et le romancier a des observations et des critiques très pertinentes à son propos : ainsi sur le mariage qui passe « de l'adoration à la haine » (p.27) ; ou sur l'importance de la télévision et de ses contenus décevants, car la vie de trop nombreuses familles se réduit autour du téléviseur dont « on gobe tout » ; ou encore sur les loisirs qui se déploient au détriment du labeur et de sa valeur. Certains lecteurs émettent cependant quelques réserves sur la vision un peu trop pessimiste que l'on a parfois des êtres humains et de leurs activités. Le milieu dans lequel évolue ce petit monde est évoqué par des descriptions sensibles, qui transmettent bien le charme de la campagne creusoise (ainsi ces pages poétiques supposées écrites par Geoffrey). La littérature n'est pas loin, déjà signalée avec le commandant Venturini et ses citations du philosophe Comte-Sponville. De plus chaque chapitre s'ouvre par une citation de
Marcel Jouhandeau tirée de son oeuvre Chaminadour, (nom qu'il donne à la ville de Guéret, d'ailleurs bien maltraitée dans cet écrit), un des rares écrivains creusois célèbres. Ces références
littéraires, complétées par d'autres noms d'auteurs et d'oeuvres connues, au cours de cette enquête, placent cette aventure dans le domaine de la fiction, et démontrent l'humilité et le respect de Jean-
Luc Loiret pour les grands maîtres de l'écriture, comme le prouve aussi l'intérêt que porte le commandant Venturini à une libraire de Poiriers, cette jeune femme qui fait naître le désir par la
connaissance qu'elle a des livres ! Un polar, donc, au service de la littérature, par sa langue fluide et par le réalisme sans excès que l'auteur offre des régions qu'il connaît bien.

Un courrier d'un fidèle lecteur JPB
Je viens de terminer la lecture de votre dernier livre, bravo et félicitations pour cette balade de Poitiers à Guéret, suite à celle de Tours. Pourquoi pas la Vendée pour le prochain, étant moi aussi vendéen. J'apprécie toujours autant vos citations et pensées et quelques vérités sur votre façon de penser notre société, le principe de précaution, la télévision, les médias et les français qui ne réfléchissent plus par eux-mêmes. Je suis à 100% avec vous et ne pas toujours comprendre la société actuelle et la vie qu'on souhaiterait nous faire vivre. Monsieur Loiret, encore merci pouor ces heures d'évasion et rendez-vous pour le prochain. Cela serait sympa de votre part de me prévenir.
Promis je vous avertirai !

Le site de Bertrand Gilet, auteur de polar rencontré à Chasseneuil-sur-Bonnieure, à Lagord, à Loches, parle de mon petit dernier en termes chaleureux. Pour y aller, cliquer ici

En voici le contenu :

Commandant de police attachant, nourri à la philosophie (celle de l'auteur: Marcel Jouhandeau, André Comte-Sponville), Mario Venturini se demande toujours pourquoi de braves gens, en apparence sans histoire, en viennent à être assassinés. Bien sûr, c'est son boulot où un tel étonnement ne devrait pas avoir avoir lieu. Mais prenez Geoffrey Mareuil, un marginal qui a cependant assez de socialbilité pour travailler sur les marchés, donc pour fréquenter la gent humaine: il est assassiné devant chez lui, sans qu'un quelconque mobile puisse émerger. Homme discret, pour qui "la discrétion est la seule vertu qui souffre l'excès, sans en souffrir", il n'a décidément pas le profil de l'homme à éliminer.

A moins, bien sûr, de fouiller le passé de la victime et d'en savoir plus grâce à Marine Balsan, son amie. Cette dernière n'est guère bavarde. Aussi choquée par le meurtre que méfiante envers la police, elle va d'ailleurs mener sa propre enquête à Guéret, là où Geoffrey Mareuil aimait se ressourcer, fréquemment.

De la Creuse à Poitiers, l'enquête piétine, avant qu'une deuxième victime, un vendeur sénégalais travaillant lui-aussi sur le marché de Poitiers, soit assassiné. Y-a-t-il un lien entre les deux affaires? Venturini commence à se poser la question, tout en faisant face à la pression que lui imposent son supérieur hiérarchique, les médias et cette nébuleuse que l'on appelle l'opinion publique.

Un polar très réusi, plein d'humanité, signé Jean-Luc Loiret. Un auteur qui fait mouche, tout en finesse

Plutôt "Jean-lucar" que polar, j'ai trouvé ce livre très riche, sur le plan humain, et jamais sinistre, voire réjouissant par moments...Même les interventions de Comte Sponville, dont le Petit Traité des Grandes Vertus ne m'avait pas laissé un souvenir impérissable, via Venturini, tombent toujours à pic...Bravo l'artiste ! Bises Odile. (collogue au 116 av de la Libé ! )