On ne meurt jamais par hasard - Venturini &Co

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On ne meurt jamais par hasard

Les polars
Ce fut mon premier polar où Venturini a fait son apparition. Paru chez Geste Editions en 2008, cet opus a rencontré son public, ce qui m'a ravi. J'ai pu récupérer mes droits et le sortir dans une version poche. Cela lui a permis de connaître une seconde jeunesse. Il est disponible dans cette version. Pour commander
Ci-dessous, vous trouverez quelques critiques à propos de cet ouvrage.

En voici un extrait :
« La mort attrape d’abord ceux qui courent » Jean Giono
1-  Le destin au coin d’un bois
Il est des jours qui commencent mal. Ce matin je ne suis pas très saignant. Je me traîne, comme alangui sans que je puisse fournir une explication plausible à cet état de flottement étrange. Si encore je pouvais invoquer quelques petits désagréments futiles qui prennent une importance démesurée dès lors qu’ils nous tombent dessus après un lever difficile. Ce n’est pourtant pas le cas, bien que ma nuit ait été bizarre, peuplée de menues agitations trop douces pour être insupportables mais néanmoins suffisantes pour m’imprégner d’une langueur désagréable dont j’aurai toutes les peines du monde à me défaire. Les échanges réduits à l’extrême avec une épouse à demi endormie et des enfants pressés qui s’apprêtent à partir au lycée dans la voiture de leur mère, ne sont pas faits pour améliorer la situation.
- Bonjour, chérie,
- Bonjour.
Seule ma fille comme à son habitude se montre la plus câline. Après un léger petit déjeuner expédié avec une rapidité inhabituelle, je ne cesse de pester contre une montre chronomètre introuvable, des chaussures désassemblées, un lacet trop court et un maillot encore légèrement humide de ma dernière sortie. Et voilà que mon associé me téléphone à propos d’un nouveau client que je dois rencontrer dans la journée, comme s’il ne pouvait pas attendre !
- Excusez-moi de vous déranger. Je vous rappelle que cet après-midi nous devons rencontrer le nouveau client dont je vous ai parlé.
Comme si je ne m’en souvenais pas ! N’était-ce pas une façon de ma reprocher la liberté que je prends avec les horaires.
Par chance, ce matin, mon premier rendez-vous n’est programmé qu’à onze heures, aussi ai-je décidé de m’accorder un long entraînement dans les bois, en vue du prochain marathon qui m’attend à la Rochelle dans un peu plus de deux mois. La perspective d’une sortie tardive du travail n’est pas pour me déplaire. Je ne suis vraiment pas fait pour les charentaises ni pour le fauteuil installé devant un téléviseur. La hantise de finir précocement en vieux, passant sans transition de la cuisine, après un dîner frugal, au canapé, pour suivre d’un oeil distrait des émissions soporifiques et sans surprise, commence à me miner sournoisement. Dire que j’avais proclamé comme d’autres prétentieux que si on n’était pas mort à trente ans, c’était la preuve éclatante qu’on n’avait pas réussi sa vie ! Pourtant j’ai passé, depuis plusieurs années, cet âge fatidique sans avoir eu à gravir mon chemin de croix personnel.
Ayant réussi enfin à rassembler tout l’attirail nécessaire au joggeur confirmé que je prétends être, je me lance dans mon expédition matinale. Dès les premières foulées, une sensation bilieuse se répand dans ma bouche. Je me sens pesant. Pourtant hier soir, j’ai adopté à contrecoeur un régime des plus stricts. Je m’en veux de me faire piéger par ces conseils diététiques qui frisent l’arnaque. J’aurai dû me laisser aller, suivant en cela ma pente naturelle. Cette interaction totale entre le corps et l’esprit que j’expérimente régulièrement, m’a toujours intrigué. On n’a jamais vu un coureur déprimé être éblouissant sur la piste, par contre son copain amoureux pulvérise ses propres records.
J’en ai de nouveau la preuve quand, après le franchissement de la Boivre sur un magnifique pont de bois, à la sortie du bourg de Vouneuil, les premières grimpées me narguent. Décidément, mon manque de dynamisme est patent. Dire que j’aurais pu profiter d’une petite rallonge de sommeil, mais à quoi bon ! Nul doute qu’après les premiers kilomètres, tout rentrera dans l’ordre. Alors mon corps récalcitrant se montrera plus docile. J’aurai tout le temps de penser à la belle journée qui m’attend et surtout à la rencontre de cet après-midi que j’imagine avec une certaine excitation.
Pour l’instant une impression étrange continue de me tarauder insidieusement, sorte de pressentiment malsain, très diffus. Je suis dans l’incapacité d’en déterminer l’origine, d’autant que mon esprit voltairien ne me prédispose pas à attacher de l’importance à ces signes qui n’ont rien, pour moi, de prémonitoires.
Foulées raccourcies, souffle court, estomac barbouillé, tendons d’Achille récalcitrants, adducteurs douloureux, j’ai tous les symptômes d’un athlète usé, en bout de course et pourtant je suis dans la force de l’âge. J’aurais dû, contrairement à mes habitudes, consulter mon horoscope matinal qui doit être particulièrement catastrophique, à moins qu’une fois encore, il ne soit complètement à côté de la plaque, me prédisant un proche avenir souriant. Est-ce à dire que cet après-midi…
Incapable d’un effort soutenu, je réduis mon allure de nouveau. Un regard dépité sur mon chrono me confirme que mes temps de passage ne sont pas fameux ! Heureusement, après le nouveau raidillon que j’escalade avec peine, je vais emprunter, à gauche, un chemin plat qui me permettra de me refaire une santé et de retrouver un rythme plus digne de ma condition actuelle. Dès lors, la confiance ne pourra que revenir.
Ploc, ploc, ploc, sur le chemin encore légèrement détrempé par les pluies de la nuit dernière, j’attaque le sol avec un peu plus de souplesse, le métier va enfin parler. Je ne vais pas tarder à retrouver une plus grande facilité. Mon corps va enfin se faire oublier et je vais pouvoir m’échapper dans mes rêveries.
Comme à mon habitude, je choisis mon parcours au dernier moment, laissant libre cours à mon instinct. J’ai la chance de bénéficier d’un environnement verdoyant privilégié, regorgeant de chemins peu fréquentés dès lors qu’ils sont à quelque distance des routes et des cortèges fumants et pétaradants de véhicules en tous genres qu’on y croise, prêts à écraser tout individu non protégé par une armure de métal. Quoique je commence à rencontrer de temps à autre des motos et des quads vociférants, chevauchés par des fiers à bras ridicules, se prenant pour des chevaliers modernes alors qu’ils ne font que dégrader nos sentiers peu habitués à une telle agressivité.
Ce matin, j’ai opté pour la forêt de Vouillé où je serai à l’abri du vent qui souffle assez fort et protégé du soleil qui commence à percer. Sans doute je ne tarderai pas à surprendre quelques lièvres et chevreuils qui abondent par ici et semblent comprendre que je ne leur veux aucun mal car ils s’éloignent nonchalamment en me surveillant du coin de l’oeil, semblant s’interroger sur les raisons de la présence inopportune de ce nouvel animal sur leur territoire. Je serai bien en peine de leur fournir des explications cohérentes, d’ailleurs mon langage animalier reste limité. J’aborde le secteur où il y a trois jours, j’ai dérangé deux blaireaux occupés à batifoler derrière un buisson. L’un d’eux a failli me percuter en poussant un cri rauque lourd de menaces. Je me demande encore qui de nous deux a été le plus effrayé.
Déjà mon esprit vogue sur des vagues plus douces, libéré de ses pesanteurs matinales et mon allure s’en ressent. Ma foulée reprend de son ampleur, mon souffle retrouve un rythme plus régulier, mes bras leur décontraction. Ces vingt kilomètres matinaux sont une excellente idée d’autant que j’arrive dans mon coin préféré, succession de petites sentes étroites, agrémentées de sympathiques bosses propres à vaincre la monotonie. Elles sont encadrées de magnifiques arbres : chênes, frênes, châtaigniers et noisetiers qui ont profité d’un printemps et d’un été pluvieux pour se refaire une santé après quelques saisons caniculaires difficiles. Je les frôle avec délectation me sentant libre comme l’air, dans une solitude fort agréable. Pour rien au monde je ne veux renoncer à ces instants de pur bonheur. C’est d’ailleurs pour cela que je préfère m’entraîner seul, plaisir on ne peut plus égoïste quand l’esprit commence à se détacher d’un corps devenu plus souple, ayant oublié les premiers grincements d’une mise en route problématique.
- Mais que se passe-t-il ?
- Non ce n’est pas vrai !
Une ombre vive sur ma gauche, un choc, une douleur fulgurante au côté, du sang suintant dans ma bouche qui commence à se tordre. Avant d’avoir compris quoi que ce soit, je titube sur quelques pas, je bascule légèrement sur le côté et m’écrase violemment, tête la première, sur la seule grosse pierre saillant du chemin. La douleur disparaît aussi vite qu’elle est apparue. A ma grande stupeur, je me sens m’élever dans les airs, je sors de mon corps que j’aperçois désarticulé non loin d’un gros chêne. L’impression est étrange, toute angoisse a disparu, il me semble être dans un film au ralenti dont j’ai tout le loisir d’explorer les différentes scènes.
Un lecteur assidu au Maroc
Ma seule et unique participation au salon du livre de Brive.
Une critique tellement sympa d'Yveline :
Bravo ! Bravo ! Bravo !
Mille fois Bravo !
J’ai lu ton roman d’une traite, emportée par l’intrigue et transportée par l’écriture. J’ai adoré ton commandant Venturini, j’ai beaucoup souri, ri. Je t’ai retrouvé à chaque ligne dans ce regard lucide et tendre sur le genre humain et cet humour distancié de chaque instant.
Continue ! J’attends avec impatience les prochaines enquêtes.
De VT
Avant de me replonger dans ton roman, je me permets de t’envoyer quelques simples commentaires qui ne se veulent absolument pas critiques.
Ce week-end, je me suis surpris à chercher un gros chêne lors de mon footing dominical. En effet, lorsque je cours, mon esprit divague et m’emmène je ne sais où… ce week-end,  je recherchais un gros chêne et le meurtrier.
J’apprécie beaucoup le tableau de la société poitevine. Comme il est agréable de mettre des images en face de lieux connus. Ce roman se déroule à Vouneuil sous Biard, à côté de Poitiers et cela se ressent.
Les enseignants tels que tu les décris existent encore, j’en croise tous les jours.
L’ajout de petites perles philosophiques éclaire le récit et nourrit l’esprit.
     Voilà, c’est tout, je vais maintenant me plonger dans le chapitre 20, si ma fille m’y autorise . Bonne soirée   
De James, un célèbre bistrotier poitevin, excellent coureur, qui comprend bien ce qu'il veut comprendre !
"Président de l'Amicale des couples échangistes du Poitou Charentes je suis évidemment dans les startings blocks pour découvrir début octobre cette vie romanesque de 4 couples qui s'ébattent le long de la Boivre ...Spirituellement vôtre.
Et celle bien plus surprenante de Mr André Comte-Sponville, philosophe fil rouge du polar :

Cher Monsieur,

Rangeant mon bureau, je tombe sur votre livre, lu il y a longtemps (dès les lendemains du salon), mais dont je crains de ne pas vous avoir dit le plaisir, très vif, que j'ai eu à le lire - et pas seulement ni surtout à cause de la place que vous m'y faites, ou que m'y fait votre commandant Venturini ! Encore merci à vous.
Bien cordialement.
André Comte-Sponville
D'une lectrice parisienne inconnue :
Une amie de Brive, grande lectrice et visiteuse fidèle de la foire du livre, m'a offert pour Noël votre roman policier qu'elle vous a fait dédicacer. Elle me l'a envoyé puisque j'habite dans l'Essonne, en région parisienne.

Je viens de le terminer et je tenais à vous dire que j'ai bien aimé : l'intrigue est bien menée, le suspense maintenu jusqu'à la fin que rien ne laissait deviner avant. J'aime bien aussi les clins d'oeil philosophiques qui parsèment l'histoire et font du commandant Venturini un personnage original qui se démarque des autres, ainsi que les citations choisies en début de chapitre.

Je serais curieuse de savoir comment vous est venue l'envie d'écrire des romans policiers et comment vous est venue l'idée de ce personnage que vous avez créé, personnage récurrent puisque d'après ce que j'ai pu lire sur votre site, d'autres aventures sont en préparation et un nouveau livre doit sortir prochainement.

Je suis contente que mon amie m'ait fait découvrir un nouvel auteur.
Vous consacrez-vous entièrement à l'écriture de vos livres ?

Je profite de ce début d'année pour vous adresser mes meilleurs voeux.
Cordialement,
J M (une nouvelle lectrice)
De Jean-Louis Lauté, auteur de « Portraits croisés », ouvrage publié chez Le Croît Vif :
« J’ai eu l’occasion de vous rencontrer à Chasseneuil en tant que confrère, pour la journée du livre. Mon épouse s’est procuré votre ouvrage « On ne meurt jamais par hasard ». Ma femme et moi avons été conquis par ce policier aux personnages bien peints et évoluant dans notre région. Tous mes compliments pour le style, l’ambiance, l’ingéniosité sans oublier la richesse des maximes. »
Discours de Mme Liaigre maire de St Hilaire de Loulay, le 19 décembre 2009
Monsieur LOIRET est un loulaysien pure souche né à la Boutrie Caillaud (village propice à la germination d’écrivains).
Très heureuse de vous accueillir ici dans notre bibliothèque pour la dédicace de vos deux livres en souhaitant que cette occasion soit le ferment de l’écriture de beaucoup d’autres œuvres.
Je n’ai eu que le temps de parcourir vos écrits :
> « Petits vagabondages au long des mots et des sens », publié en 2007. Un ouvrage de chroniques décalées sur l’air du temps.
> Un roman policier noir « On ne meurt jamais par hasard », publié en 2008. Un livre que vient de recevoir en Charente, le premier prix de la Plume et la Lettre 2009.
Monsieur LOIRET, vous savez jouer avec la saveur et le nectar des mots, articuler la justesse du vocabulaire et le sens profond de l’expression pour mieux nous transporter dans les émotions, dans la justesse de l’analyse, dans l’humour décalé, dans le drôle, dans le pertinent, et pour mieux nous faire savourer la richesse de la langue française.
Mais non seulement, vous jouez avec les mots et leur sens, vous jonglez également avec nombre de citations d’auteurs connus : de Sénèque à Bernanos, de Stendal à Paul Valéry –
ce qui marque votre érudition, mais aussi l’art d’inclure nombre de citations pour mieux nourrir vos propos soit dans un contexte de suspens policier ou sous un prisme de chroniques éclectiques, cyniques, mais trop réalistes parfois.
           Mais « après quoi courrez-vous ?... »
En effet, non seulement, Monsieur LOIRET écrit, mais c’est un marathonien (4 fois les 100 kms de Chavagnes) et de plus, il est engagé dans la fonction d’élus de sa commune depuis 15 ans. Adjoint en charge des sports, des loisirs et de la vie des quartiers et conseiller à la communauté d’agglo de Poitiers.
Mais vous avez encore le temps d’écrire, puisque deux nouveaux ouvrages vont sortir en 2010 et sachez que nous serons heureux de vous accueillir au Printemps du Livre et à la Bibliothèque de Saint Hilaire pour une nouvelle séance de dédicaces.
De Marie-Jeanne :
La semaine dernière sans perdre de temps j’ai dévoré votre livre, je sentais que j’allais me régaler, ce fut chose faite, un vrai plaisir. J’ai aimé d’un bout à l’autre et je sens que je vais devenir une inconditionnelle.
PS : j’ai aimé tous les personnages, l’ambiance et les citations, je suis une fan des citations. Il y en a une de Jules Renard que j’ai faite mienne : « Si tu rêves de grandes choses, commence par en faire de toutes petites ».
Créé avec WebSite X5
Conception
  JL Loiret

    Editions
Venturini & Co

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